Encore une fois, en retard sur tout. Et oui, je vais sûrement commencer tous mes articles de la même façon jusqu'à la fin de l'année, et aloooors ?
C'est encore le 16 octobre ici au moment où j'écris cet article, et ça fait pile deux mois que j'habite aux Etats-Unis. Une conclusion ? pff... la grande déprime quoi, c'est tous des cons, ça pue, y fait froid, on me nourris même pas...
Roooh relaaaaaax papa, je plaisaaaaante.
J'aimerais bien essayer de résumer correctement ce que j'ai fais depuis mon dernier article (à part oublier comment écrire), dans tous les cas, le 6 octobre était le commencement du "fall break" dans mon county. C'est à dire que toutes les écoles publiques du coin étaient en vacances pour glander et voir des feuilles changer de couleurs. Ah, et aussi pour que les jeunes puissent bosser dans les restaurants et servir les mêmes vieux bourges Floridiens.
Bon, ça c'est mon explication du fall break, mais les interprétations peuvent varier... certainement.
Dans tous les cas j'étais en vacances, c'est le point à retenir du coup.
Et puis comme les autres jeunes (à part ceux qui vont chasser des écureuils et des chipmunks) j'ai travaillé le week-end dans le restaurant de ma mère d'accueil, à nettoyer les tables de gens sales qui savent pas manger, et qui eux aussi sont là pour voir des feuilles tomber.
Ouais à propos. Le week-end dernier célébrait le "festival des feuilles", car dans la région à cette période de l'automne, les feuilles changent extrêmement rapidement de couleur, et crée un magnifique panel de nuances dans les chouettes montagnes dans lesquelles je vis. Ouais bon je vais pas encore ressortir une photo de la vue que j'ai des montagnes depuis ma maison.
Puis j'ai passé quelques jours à Asheville, la couleur de mes cheveux est passée de rouge à violet, j'ai vu le film Drive dans un cinéma sofa (concept pour gros sac glandeur qui veut regarder des films étalé sur un canap' en cuir) et j'ai mangé 3 fois asiatique.
Le week-end j'étais invitée à un meeting spécial de jeunes qui avaient participé à une semaine de colo sur le thème de "leadership" ou encore "comment être un leader".
Le truc c'est que c'était une bonne excuse pour rencontrer des ados américains qui sortent pas du trou dans lequel j'habite, et en plus passer un week-end en Caroline du Sud (c'est juste pour avoir la classe parce-que ça rassemblait exactement à l'endroit où j'habite).
Les gens étaient très chouette, même si j'ai pas trop adhéré à cette histoire de leader.
En gros, pendant leur semaine de colo cet été, ils ont fait pleins d'activités de groupe pour comprendre comment communiquer avec les autres, comment être un exemple, patati patata.
Ce week-end en était donc une prolongation, et j'ai donc participé à pas mal de trucs autour du thème, comme par exemple "dessiner le leader parfait" en groupe. J'ai été plutôt amusée de voir que tout le monde a dessiné un homme blanc, beau et musclé.
J'ai aussi vu des endroits comme ça :
Le week-end j'étais invitée à un meeting spécial de jeunes qui avaient participé à une semaine de colo sur le thème de "leadership" ou encore "comment être un leader".
Le truc c'est que c'était une bonne excuse pour rencontrer des ados américains qui sortent pas du trou dans lequel j'habite, et en plus passer un week-end en Caroline du Sud (c'est juste pour avoir la classe parce-que ça rassemblait exactement à l'endroit où j'habite).
Les gens étaient très chouette, même si j'ai pas trop adhéré à cette histoire de leader.
En gros, pendant leur semaine de colo cet été, ils ont fait pleins d'activités de groupe pour comprendre comment communiquer avec les autres, comment être un exemple, patati patata.
Ce week-end en était donc une prolongation, et j'ai donc participé à pas mal de trucs autour du thème, comme par exemple "dessiner le leader parfait" en groupe. J'ai été plutôt amusée de voir que tout le monde a dessiné un homme blanc, beau et musclé.
J'ai aussi vu des endroits comme ça :
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| Pretty Place |
| Rainbow Falls |
La première photo est pas de moi, j'avais oublié mon appareil photo, bien entendu. Mais moi c'était encore plus cool, c'était la nuit, avec une pleine lune, et les seuls repères étaient les lumières de Greenville, SC.
Ce week-end fût aussi une très bonne expérience de communication et d'échange avec d'autres jeunes au dessus de la moyenne, et de pouvoir parler de religion à l'école, de l'environnement et de la relation qu'ont les États-Unis à la sauvegarde d’énergie et de respect de ce qui les entourent et des différences avec la France et l'Europe en général.
J'ai expliqué ma situation par rapport à la religion dans ma communauté, et même certains jeunes pourtant très fidèle à leur religion considèrent que personne ne devrait être poussé vers telle ou telle religion, et que même si certains d'entre eux sont pour la présence de la religion à l'école en décrivant cela comme un droit pour tous, il est clair pour eux que chaque individu devrait être respecté pour ses propres croyances et non pas poussé dans n'importe quelle direction, en particulier dans un lieu d'apprentissage tel que l'école (publique).
Mais la description que je leur ai donné de l'absence quasi totale de la religion dans les écoles publiques en France en a choqué quelques uns, qui tiennent à leur club religieux, pouvoir porter les t-shirts de leur Église... et d'autres ayant grandis loin du sud reconnaissant un système dans lequel ils ont été éduqués (comme l'exemple d'une des coordinatrices ayant vécu une éducation laïque similaire à celle de la France à Philadelphie) et pensant que cette option est la meilleure de toute pour le respect de chacun.
Donc c'était un chouette week-end, j'ai appris pas mal de choses, et je suis bien satisfaite d'avoir rencontrée des gens aussi intéressants.
Puis j'ai passé mon dimanche après midi avec Erika, l'exchange student japonaise de mon district, avec qui j'ai encore des chouettes endroits. J'aime beaucoup ce mot parce-qu'en anglais y a rien de similaire et d'aussi chouette que le mot chouette. Du coup je l'utilise beaucoup parce-que je l'aime bien, c'est chouette.
Ce week-end fût aussi une très bonne expérience de communication et d'échange avec d'autres jeunes au dessus de la moyenne, et de pouvoir parler de religion à l'école, de l'environnement et de la relation qu'ont les États-Unis à la sauvegarde d’énergie et de respect de ce qui les entourent et des différences avec la France et l'Europe en général.
J'ai expliqué ma situation par rapport à la religion dans ma communauté, et même certains jeunes pourtant très fidèle à leur religion considèrent que personne ne devrait être poussé vers telle ou telle religion, et que même si certains d'entre eux sont pour la présence de la religion à l'école en décrivant cela comme un droit pour tous, il est clair pour eux que chaque individu devrait être respecté pour ses propres croyances et non pas poussé dans n'importe quelle direction, en particulier dans un lieu d'apprentissage tel que l'école (publique).
Mais la description que je leur ai donné de l'absence quasi totale de la religion dans les écoles publiques en France en a choqué quelques uns, qui tiennent à leur club religieux, pouvoir porter les t-shirts de leur Église... et d'autres ayant grandis loin du sud reconnaissant un système dans lequel ils ont été éduqués (comme l'exemple d'une des coordinatrices ayant vécu une éducation laïque similaire à celle de la France à Philadelphie) et pensant que cette option est la meilleure de toute pour le respect de chacun.
Donc c'était un chouette week-end, j'ai appris pas mal de choses, et je suis bien satisfaite d'avoir rencontrée des gens aussi intéressants.
Puis j'ai passé mon dimanche après midi avec Erika, l'exchange student japonaise de mon district, avec qui j'ai encore des chouettes endroits. J'aime beaucoup ce mot parce-qu'en anglais y a rien de similaire et d'aussi chouette que le mot chouette. Du coup je l'utilise beaucoup parce-que je l'aime bien, c'est chouette.
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| Rivière chouette avec moi et mes chouettes cheveux violets et mon chouette nouveau t-shirt threadless vert. |
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| Blue Ridge parkway |
Photo prise par Erika parce-que j'avais encore oublié mon appareil photo dans la voiture. C'pas d'ma faute... j'étais... absorbée par la beauté des paysages m'voyeeez.
Mais booon, c'était dimanche et le dernier jour de mes vacances et fallait peut-être que je rentre à la maison pour préparer mes affaires pour la rentrée (boooouuuuh) et aussi pour manger un truc bon parce-que c'était le 16 octobre et donc deux mois que j'étais aux États-Unis, d'où la célébration par nourriture.
Alors que j'attendais les denrées m'étant destinées, j'étais avec ma sœur d'accueil dans ma chambre en train de fracasser mon nouveau deo sur ma commande parce-qu'il voulait pas s'ouvrir(c'est bon relax ça a marché) "des infos inutiles" ?! c'est une étape très importante de mon histoire, et je raconte ce que je veux d'abord. D'ailleurs trouver un déo en spray ici c'est juste l'enfer parce-qu'ils en ont pas, et voila, le seul modèle que je trouve veut pas s'ouvrir, GREAT !
Ouais bon, c'était chouette, jusqu'à ce qu'on entende les chiens japper et grogner méchant comme si ils étaient en train de se battre violent. En sortant de ma chambre je vois que les chiens ne sont pas en train de se battre, mais qu'ils sont particulièrement en colère après quelque chose sur le porche. Et en m'approchant je vois dans le noir une truffe beige remuer dehors.
"OH PUTAIN Y A UN OUUUUUURS !!!"
On fourre les chiens rapido dans une des chambres, je choppe mon appareil photo, on allume la lumière du porche, et voila un ptit ourson reniflant tout tranquillement les mangeoires pour oiseaux du porche, à 4 mètres de moi devant la porte fenêtre du salon.
Bon, j'allume mon appareil photo, et réalise que de 1 : si j'utilise pas le flash on verra rien parce-qu'il fait nuit,
de 2 : que si j'utilise le flash il se reflétera sur la fenêtre
et de 3 : qu'un ourson n'est jamais très loin de sa mère, et que bon, j'ai pas trop envie de savoir ce qu'il se passe quand on flash un ours.
Donc pas de photo. Mais j'peux jurer sur la constitution si vous voulez. Quoi que j'ai pas mal de bibles à la maison, dont deux dans ma chambre. Enfin bref.
L'ourson redescend les escaliers du porche tout tranquillement, pas du tout gêné de savoir que 3 femelles humaines l'observe, et que deux chiens pas vraiment contents attendent tranquillement dans une chambre de la maison de le courater.
Piooooouuu, que d'émotion :D du coup on retourne manger, parce-que ça reste l'heure de manger, même si je suis sur le point de pleurer parce-que j'ai vu un ours (encore) mais cette fois sur mon PORCHE.
Mais bon, on se doute qu'il est toujours dans les parages, en tout cas dans le jardin, et mon père et frère d'accueil sont censés revenir d'une minute à l'autre de l'autre côté de la maison (donc à l'opposé de l'ours je précise) mais bon, il fait nuit noire, ils savent pas qu'un ou plusieurs gros trucs poilus rodent autour de la maison et peuvent les accueillir à la sortie de leur voiture.
En les entendant arriver, ma mère d'accueil se dirige vers la porte d'entrée avec un des chiens, qui sera en mesure de repousser l'ours et d'éviter qu'il s'approche de nous si il est toujours dans les parages. Je regarde donc ma mère d'accueil passer le seuil de la porte avec le chien, et je me trouve donc dans le salon, face à la porte d'entrée, la porte fenêtre donnant sur le porche derrière moi, là où l'ourson se trouvait.
Puis toujours obsédée par l'image de ce petit être à pattes mortelles, je me retourne pour voir si il est revenu.
Ce que je trouve derrière moi, est la mère ours gigantesque de 200 kilos, absolument contre la vitre, debout, à renifler, et dans ma direction.
Oui, il y a un ours énorme, à deux mètres de moi, derrière la vitre du salon, sur le porche de ma maison.
A ce moment là, c'est un peu comme voir un zombie qui se trouvait derrière toi depuis un moment, et en quelque sorte en tomber amoureux (imaginez que c'est un zombie sexy).
Paniquée, réalisant que ma mère d'accueil vient de lâche le chien, je me retourne une seconde fois pour la prévenir, et réalise que le chien est parti comme une furie tout droit derrière la maison, ayant senti les ours.
Panique, toute la famille rentre, le chien est dans le jardin à chasser deux ours à la fois dans la nuit noire à 22h et l'ours est déjà parti, ne laissant le temps à personne de le voir arriver, ou partir.
On peut à ce moment entendre le chien faire des allers retours entre les deux ours qui semblent se trouver à l'opposé de l'autre, et entendre ces derniers courir bruyamment mais sûrement (comme si les fouets de leur maitre était à leur trousse, en gros).
Après quelques minutes d'angoisse à rappeler le chien, un fusil à la main, il revient finalement, on ferme les portes, les ours sont loin.
"OH MY GOOOOOOSH"
Ouais, c'était exceptionnel et cet évènement m'a affecté dans beaucoup de sens.
Ces ours voyagent des kilomètres pas jour dans le coin dans lequel j'habite, autour de ma ville.
Ils vont jusqu'en ville, dans les jardins, DANS les maisons et risquent leur vie pour trouver à manger. A manger à tout prix car beaucoup de maisons ont été construites sur leur territoire de chasse, là où se trouvait des arbres fruitiers, et de quoi nourrir leur progéniture.
Ces ours marchent sur 4 kilomètres pour trouver une boîte avec un peu de nourriture ayant coulé sur le côté parce-qu'ils n'ont pas de quoi se nourrir correctement dans leur propre habitat qu'ils se sont vu en parti prendre par les humains, qui ont fait de leur terrain de chasse leur coin de vacance favori.
En plus de ça, aucun d'entre eux n'est à l'abri de se faire pourchasser par des lâches qui chassent ces animaux aussi majestueux en jeep, avec 20 chiens et des fusils pour en faire des trophées et les manger.
Il se trouve que voir cet ourson ne fût pas le plus marquant, mais la vision de cette mère à 2 mètres de moi m'obsède. Cet énorme animal, si puissant, si beau, est là, chez toi, il n'est pas dans une cage, il y a toujours du verre qui nous sépare, mais il est en liberté, il a toujours vécu en liberté, et je suis à sa portée, il est à ma portée. Et c'est comme voir un fantôme. Un magnifique fantôme.
Après ça je garde ce drôle de sentiment mélangeant cette méfiance, peur et in-sureté et à la fois cette excitation jamais ressentie auparavant et l’émerveillement, tout comme l'honneur d'avoir pu rencontre une telle créature en VRAI, non pas fabriquer par l'homme dans une cage, un vrai témoin de cette sauvage et rare nature qui nous entoure.
Je suis encore émue en racontant cette histoire, c'était certainement l'instant le plus intense de toute ma vie, mais également le plus terrifiant et le plus beau.
Ces ours rappellent que l'on ne doit jamais douter de la puissance de la nature, ou sous-estimé sa beauté. Elle est là, est peut prendre le dessus à tout moment, car après tout, nous ne sommes rien, nous sommes fragiles, et cette nature, ces animaux, eux, sont BEAUX.
Bien que je me précipice, je pense que ce jour restera ma plus belle expérience de cette année, en tout il est certain qu'elle m'a ouvert un peu plus les yeux sur certaines de mes convictions, et il est certain que je vais chercher à faire un peu de bénévolat pour la protection des ours de la région dans une des associations à cet effet.
Voila "c'est l'histoiiiiiire de la viiiiiiiiiiiiiiiiiiiie", bon, sinon pour passer mon traumatisme, je pars en Floride ce jeudi pour un festival de musique rock, country, blue grass. J'ai envie de dire que ça va être chouette, même si je trouve pas ça très naturel de bronzer encore fin octobre une semaine avec Halloween.
Je fais faire 7h de route et voir des groupes en concert qui chantent des chansons sur des dinosaures et des chèvres : http://www.youtube.com/watch?v=pHFEf5ybbC
Je vous dis donc à bientôt, et vive les ours !
Mais booon, c'était dimanche et le dernier jour de mes vacances et fallait peut-être que je rentre à la maison pour préparer mes affaires pour la rentrée (boooouuuuh) et aussi pour manger un truc bon parce-que c'était le 16 octobre et donc deux mois que j'étais aux États-Unis, d'où la célébration par nourriture.
Alors que j'attendais les denrées m'étant destinées, j'étais avec ma sœur d'accueil dans ma chambre en train de fracasser mon nouveau deo sur ma commande parce-qu'il voulait pas s'ouvrir(c'est bon relax ça a marché) "des infos inutiles" ?! c'est une étape très importante de mon histoire, et je raconte ce que je veux d'abord. D'ailleurs trouver un déo en spray ici c'est juste l'enfer parce-qu'ils en ont pas, et voila, le seul modèle que je trouve veut pas s'ouvrir, GREAT !
Ouais bon, c'était chouette, jusqu'à ce qu'on entende les chiens japper et grogner méchant comme si ils étaient en train de se battre violent. En sortant de ma chambre je vois que les chiens ne sont pas en train de se battre, mais qu'ils sont particulièrement en colère après quelque chose sur le porche. Et en m'approchant je vois dans le noir une truffe beige remuer dehors.
"OH PUTAIN Y A UN OUUUUUURS !!!"
On fourre les chiens rapido dans une des chambres, je choppe mon appareil photo, on allume la lumière du porche, et voila un ptit ourson reniflant tout tranquillement les mangeoires pour oiseaux du porche, à 4 mètres de moi devant la porte fenêtre du salon.
Bon, j'allume mon appareil photo, et réalise que de 1 : si j'utilise pas le flash on verra rien parce-qu'il fait nuit,
de 2 : que si j'utilise le flash il se reflétera sur la fenêtre
et de 3 : qu'un ourson n'est jamais très loin de sa mère, et que bon, j'ai pas trop envie de savoir ce qu'il se passe quand on flash un ours.
Donc pas de photo. Mais j'peux jurer sur la constitution si vous voulez. Quoi que j'ai pas mal de bibles à la maison, dont deux dans ma chambre. Enfin bref.
L'ourson redescend les escaliers du porche tout tranquillement, pas du tout gêné de savoir que 3 femelles humaines l'observe, et que deux chiens pas vraiment contents attendent tranquillement dans une chambre de la maison de le courater.
Piooooouuu, que d'émotion :D du coup on retourne manger, parce-que ça reste l'heure de manger, même si je suis sur le point de pleurer parce-que j'ai vu un ours (encore) mais cette fois sur mon PORCHE.
Mais bon, on se doute qu'il est toujours dans les parages, en tout cas dans le jardin, et mon père et frère d'accueil sont censés revenir d'une minute à l'autre de l'autre côté de la maison (donc à l'opposé de l'ours je précise) mais bon, il fait nuit noire, ils savent pas qu'un ou plusieurs gros trucs poilus rodent autour de la maison et peuvent les accueillir à la sortie de leur voiture.
En les entendant arriver, ma mère d'accueil se dirige vers la porte d'entrée avec un des chiens, qui sera en mesure de repousser l'ours et d'éviter qu'il s'approche de nous si il est toujours dans les parages. Je regarde donc ma mère d'accueil passer le seuil de la porte avec le chien, et je me trouve donc dans le salon, face à la porte d'entrée, la porte fenêtre donnant sur le porche derrière moi, là où l'ourson se trouvait.
Puis toujours obsédée par l'image de ce petit être à pattes mortelles, je me retourne pour voir si il est revenu.
Ce que je trouve derrière moi, est la mère ours gigantesque de 200 kilos, absolument contre la vitre, debout, à renifler, et dans ma direction.
Oui, il y a un ours énorme, à deux mètres de moi, derrière la vitre du salon, sur le porche de ma maison.
A ce moment là, c'est un peu comme voir un zombie qui se trouvait derrière toi depuis un moment, et en quelque sorte en tomber amoureux (imaginez que c'est un zombie sexy).
Paniquée, réalisant que ma mère d'accueil vient de lâche le chien, je me retourne une seconde fois pour la prévenir, et réalise que le chien est parti comme une furie tout droit derrière la maison, ayant senti les ours.
Panique, toute la famille rentre, le chien est dans le jardin à chasser deux ours à la fois dans la nuit noire à 22h et l'ours est déjà parti, ne laissant le temps à personne de le voir arriver, ou partir.
On peut à ce moment entendre le chien faire des allers retours entre les deux ours qui semblent se trouver à l'opposé de l'autre, et entendre ces derniers courir bruyamment mais sûrement (comme si les fouets de leur maitre était à leur trousse, en gros).
Après quelques minutes d'angoisse à rappeler le chien, un fusil à la main, il revient finalement, on ferme les portes, les ours sont loin.
"OH MY GOOOOOOSH"
Ouais, c'était exceptionnel et cet évènement m'a affecté dans beaucoup de sens.
Ces ours voyagent des kilomètres pas jour dans le coin dans lequel j'habite, autour de ma ville.
Ils vont jusqu'en ville, dans les jardins, DANS les maisons et risquent leur vie pour trouver à manger. A manger à tout prix car beaucoup de maisons ont été construites sur leur territoire de chasse, là où se trouvait des arbres fruitiers, et de quoi nourrir leur progéniture.
Ces ours marchent sur 4 kilomètres pour trouver une boîte avec un peu de nourriture ayant coulé sur le côté parce-qu'ils n'ont pas de quoi se nourrir correctement dans leur propre habitat qu'ils se sont vu en parti prendre par les humains, qui ont fait de leur terrain de chasse leur coin de vacance favori.
En plus de ça, aucun d'entre eux n'est à l'abri de se faire pourchasser par des lâches qui chassent ces animaux aussi majestueux en jeep, avec 20 chiens et des fusils pour en faire des trophées et les manger.
Il se trouve que voir cet ourson ne fût pas le plus marquant, mais la vision de cette mère à 2 mètres de moi m'obsède. Cet énorme animal, si puissant, si beau, est là, chez toi, il n'est pas dans une cage, il y a toujours du verre qui nous sépare, mais il est en liberté, il a toujours vécu en liberté, et je suis à sa portée, il est à ma portée. Et c'est comme voir un fantôme. Un magnifique fantôme.
Après ça je garde ce drôle de sentiment mélangeant cette méfiance, peur et in-sureté et à la fois cette excitation jamais ressentie auparavant et l’émerveillement, tout comme l'honneur d'avoir pu rencontre une telle créature en VRAI, non pas fabriquer par l'homme dans une cage, un vrai témoin de cette sauvage et rare nature qui nous entoure.
Je suis encore émue en racontant cette histoire, c'était certainement l'instant le plus intense de toute ma vie, mais également le plus terrifiant et le plus beau.
Ces ours rappellent que l'on ne doit jamais douter de la puissance de la nature, ou sous-estimé sa beauté. Elle est là, est peut prendre le dessus à tout moment, car après tout, nous ne sommes rien, nous sommes fragiles, et cette nature, ces animaux, eux, sont BEAUX.
Bien que je me précipice, je pense que ce jour restera ma plus belle expérience de cette année, en tout il est certain qu'elle m'a ouvert un peu plus les yeux sur certaines de mes convictions, et il est certain que je vais chercher à faire un peu de bénévolat pour la protection des ours de la région dans une des associations à cet effet.
Voila "c'est l'histoiiiiiire de la viiiiiiiiiiiiiiiiiiiie", bon, sinon pour passer mon traumatisme, je pars en Floride ce jeudi pour un festival de musique rock, country, blue grass. J'ai envie de dire que ça va être chouette, même si je trouve pas ça très naturel de bronzer encore fin octobre une semaine avec Halloween.
Je fais faire 7h de route et voir des groupes en concert qui chantent des chansons sur des dinosaures et des chèvres : http://www.youtube.com/watch?v=pHFEf5ybbC
Je vous dis donc à bientôt, et vive les ours !


